L’UMP exploite vos titres pour 1€ de droit d’exploitation, pour vous c’est plus cher">L’UMP exploite vos titres pour 1€ de droit d’exploitation, pour vous c’est plus cher
C’est le sentiment que l’on a en suivant l’actualité de la news déjà racontée ici où le groupe de rock américain MGMT portait plainte contre l’UMP pour une exploitation et une diffusion d’un de leurs titres lors d’un congrès UMP (de la Mutualité le 24 janvier dernier) retransmis sur Dailymotion.
L’anecdote est encore plus farfelue lorsqu’on apprend que l’UMP, qui déclarait par le biais de Xavier Bertrand himself régler l’affaire à hauteur de son “litige”, proposait la somme faramineuse d’1€ pour l’exploitation du titre. L’offre a évidemment été refusée.
Le véritable fond de l’affaire est que l’UMP souhaite régler cette histoire à l’amiable et en dehors des tribunaux, soit, en dehors des caméras et de la presse.
C’est, d’un point de vu “communicant”, une petite erreur stratégique. Il faut le reconnaître. A seulement quelques jours du vote de la loi “Création & Internet” ou les droits d’auteurs resserrent les boulons, c’est MALADROIT. On est loin d’une catastrophe diplomatique mais c’est pas super brillant. Se dire qu’il n’y a pas un hurluberlu, dans le staff, qui connaisse la notion de droit d’auteur, ça fait froid dans le dos.
Les droits d’auteurs et les profs
En parallèle, vivant dans un milieu de profs, pour ma propre expérience et travaillant moi-même dans la vente de musique libre de droit ou non, je dois avouer que ce n’est pas la première fois que des fonctionnaires, ou plutôt, des agents du gouvernement, se targuent d’être au dessus des lois et des droits d’exploitation notamment. Dans le milieu prof, les droits d’utilisation d’une œuvre n’existent simplement PAS sous le principe (qui peut être le même selon l’activité de chacun) que l’éducation est plus important que tout (un peu primaire pour les pauvres artistes qui pourraient se vanter que l’art passe avant tout et qu’elle doit être rémunérée pour que l’artiste survive). J’ai ce débat fréquemment.
Cependant, dans une large majorité des cas, et la je me permets une projection personnelle, en tant que professionnel de ce milieu, les droits pourraient être intelligemment négociés. Outre l’UMP, quel meilleur commercial existe-t-il, quel meilleur vecteur de notoriété et d’image existe-t-il qu’un professeur devant une trentaine d’élèves ? Nombreux sont les droits qui seraient donnés car d’un point de vue stratégique, une diffusion ponctuelle dans un cours peut être rentable sur le long terme.
Penser qu’un prof “n’a pas que ça à faire” serait une bien belle erreur et un mépris en vers : les artistes et les autres professionnels (un prof ne doit pas être méprisant, il porte les valeurs de l’école républicaine, laïque, symbole perdu de l’égalité des chances et des droits de l’homme). Ils représentent souvent un vecteur culturel et prétendent même souvent être des “hommes ou femmes de culture”. Il faut donc respecter cette culture, dans son droit le plus profond. N’importe quel autre professionnel le fait et “perd” autant son temps à passer les coups de fil à qui de droit. Et je vais peut être révéler quelque chose de terrible : ces professionnels la non plus n’ont pas que ça à foutre dans leur journée…
Mais quand on demande aux profs de bosser gratos pour le bien de l’éducation et des enfants, il me semble qu’ils sont pas contents… (je pense aux scandales quand on entend qu’ils devraient bosser plus ou passer plus de temps sur leur lieu de travail). Si au moins l’éducation Nationale montait une cellule à cet égard…
Bref, vaste débat encore une fois. J’ai exposé mon avis, à vous d’exposer le votre. Mais comme souvent dans le public, un gros problème d’organisation, de fainéantise, un manque cruel de culture générale et de débrouillardise… déplorable pour nos enfants.







