Festivals de jazz : ou faut il aller cet été ?

Aujourd’hui je vous propose un focus sur les quelques gros festivals de jazz de l’été 2009 : ou faut il aller !

Car tous les étés c’est la même histoire : on a quelques centaines d’euros qu’on économise toute l’année scrupuleusement pour assister au peu que nous avons de réellement exceptionnel en France question musique : les festivals de jazz. En effet, il s’agit d’une des rares niche musicale ou la France accueille les plus grands phénomènes de son histoire ou à venir ! Certaines scènes sont mythiques (Vienne et sa douce pluie ou Juan les Pins ou Miles, Coltrane et tant d’autres ont joué), certaines comme Nice, festival de jazz “le plus vieux de France”, se sont diversifiées et proposent un mélange entre Lauryn Hill (outch), Popa Chubby (pouf!) et Return to Forever (mmmh) !

Je vous propose une petite analyse et peut être essayer de vous aider à déterminer ou se passeront quelques soirées magiques de cet été 2009 ! (les liens vers chacun des programmes sont sur les noms des festivals).

Le Nice Jazz Festival s’inscrit comme un sacré concurrent cette année. Avec une sélection moins “grand public” que les années précédentes mais surtout avec un certain Christian Vander en tant que parrain de ce festival, la sélection est haut de gamme. Il faut citer l’immense BB King, dont, s’il ne s’agit pas de sa dernière tournée, on doit pas être loin de votre ultime chance d’admirer le pape du blues sur scène. On appréciera la présence de Lucky Peterson, du Christian Vander quartet, Joe Jackson, Keith Emerson Band, Magma, Carla Bley, James Taylor Quartet, the Derek Trucks band, Chick Corea, ou encore Sonny Rollins ! (rien que ça…) Une partie plus “people” pour les moins initiés avec Julien Doré, Maxime le Forestier, Erykha Badu, Keizh Jones ou encore Tracy Chapman.
Autant dire qu’a Nice : l’été sera chaud ! De la découverte de haut vol pour certain, des nuits de confort pour d’autres.

Jazz à Vienne propose une programmation mi figue mi raison. Après une sélection absoluement phénoménale l’an dernier (si si je vous assure), il s’agit d’une sélection plus intimiste mais avec ses blockbuster. Entre autres Youssou N’Dour, hômmage à Gil Evans par Laurent Cugny, deux soirées avec Martial Solal, l’incroyable David Sanborn, Roy Hargrove et… Mc Solaar (WTF???), Gilberto Gil, Lucky Peterson, Jean-Jacques Milteau (la fierté française de l’harmonica blues dans le monde) ou le trio de bassiste SMV : Stanley Clarke, Marcus Miller et Voctor Wooten. Les pluies seront douces. Au milieu de ces noms on retrouve Seal et Yaël Naim en hommage à Joni Mitchell.

Jazz in Marciac (à Paris) propose une sélection similaire à Vienne : Rollins, SMV, l’Orchestra Buena Vista Social Club (très à la mode chez les bobo à une époque), Ahmad Jamal, Wynton Marsalis, Manu Katché, Thomas Dutronc et une soirée guitariste avec entre autre l’immense Pat Martino (si des jazzeux ne le connaissent pas encore : une claque vous attend).

Il y a un festival de Jazz limitrophe à la France qui ne déçoit jamais et c’esst bien celui de Montreux. Cette année la sélection est encore une fois sous le signe de l’ouverture avec des noms comme Dave Mathew Band, Joe Satriani, Mos Def, Herbie Hancock, Black Eyed Peas, SMV, Lilly Allen, Randy Brecker, Bill Evans et Jamie Cullum, Alice Cooper, Derek Trucks, David Sanborn, Steve Winwood, Lauryn Hill, BB King, George Benson, George Duke, Lee Ritenour (guitariste jazz rock à découvrir), Marianne Faithfull, John Scofield, Scott Matthew, Status Quo, John Fogerty, Seal, Jeff Beck… bref autant TOUT se qui tourne dans le coin, Montreux le propose !

Souillac en Jazz (au nord de Toulouse) recevra tout de même Sylvain Luc, Erik Truffaz, et le duo Didier Lockwood, Sylvain Luc.

Juan les Pins accueillera quant à lui, en toute simplicité : Sidney Bechet Memory All Stars, Roy Hargrove, Jeff Beck, SMV, Joss Stone, Jamie Cullum et Keith Jarrett avec Gary Peacock et Jack Dejohnette.

Je suis certain qu’au vu de ce petit bilan vous avez déja retenu quelques noms, quelques dates pour donner à votre été une dimension unique, magique et si intense que seul la musique (et peut être le jazz) peut vous procurer. Pour ma part j’irai camper du coté du Nice Jazz Festival, prévenez moi si vous êtes dans le coin ;)

Le célèbre label Blue Note fête ses 70 ans près de chez vous !

Le mythique label Blue Note fête ces 70 ans. Pour marquer l’événement le label propose des concerts dans toute la France, à Paris et plusieurs villes de province (Lyon, Marseille…) : le Blue Note Record Festival du 30 mars au 16 avril. On retrouve des géants tels que Ron Carter, le saxophoniste Joe Lovano, le pianiste Jacky Terrason, le trompettiste Erik Truffaz ou encore la pianiste et chanteuse Patricia Barber et bien entendu des signatures plus récentes telles que China Moses, le contrebassiste Avishai Cohen“The Finest in Jazz Since 1939″ (cliquez ici pour plus d’infos sur le festival)

Belle initiative et tournée de qualité, Blue Note, la note bleu, la fameuse note d’une gamme qui fait sonner votre instrument “blues” (car tout vient du blues) nous propose de prolonger l’aventure et partager avec la “petite sœur du jazz” qu’était Paris dans les années 30 un nouveau souffle à cette musique beaucoup pro méconnus, trop souvent qualifiée d’intellectuelle et si inexistante dans nos radios, nos télévisions… (quand j’entends le hip hop se plaindre d’un manque de diffusion alors que ce style est devenus si commun sur nos radios, nos télé… ça me donne la nausée).

John Coltrane

Comment présenter Blue Note ?

Un des meilleurs label de l’histoire ? Celui qui a porté en son sein les musiciens qui ont fait le plus évoluer la Musique. Chacune des pierres que le label a posé dans l’histoire de la musique a permis de changer, modifier ou de provoquer l’ordre des choses.
Fondé en 1939 à New York, ce label de jazz appartient désormais au groupe EMI. Jimmy Smith, organiste phénoménal fait partie des pionniers de ce label mais rapidement on compte une grande partie des classiques : Cliffortd Brown, Sydney Bechet, Cannonball Adderley, l’immense Ornette Coleman, Eric Dolphy, le sublime John Coltrane, Herbie Hancock, Thelonious Monk, Sonny Rollins, Wayne Shorter... La plus part des plus grands ont enregistré sur ce label.

Blue Note c’est aussi le souffle de deux hommes : Francis Wolff, associé d’Alfred Lion, deux juifs qui avaient migré d’Europe suite à l’arrivée du pouvoir d’Hitler. En 1967 Alfred Lion prend sa retraite et Francis Wolff meurt en 1971. Le label s’essouffle alors peu à peu jusqu’à sa dissolution en 1981. En 1984 Bruce Lundvall le ressuscite mais pour beaucoup avec une notion plus commerciale, bien que l’esprit Blue Note continue, que les deux passionnés, pères fondateurs qui choisissaient leurs artistes non pas par potentiel mais par coup de cœur… Une bien belle époque ou la production était aux antipodes d’aujourd’hui. On doit à l’actuel Blue Note, parmi tant d’autres, la découverte de Noarh Jones, fille de Ravi Shankar, l’international joueur de Cithare indienne avec les Beatles, John McLaughlin et tant d’autres durant les années 70.