Hadopi, le retour
Le 13 mai 2009 par kevin dans Non classé
Suite à l’échec , Hadopi passe en force avec 296 voix contre 233. Le téléchargement illégal est donc bien sanctionné par une coupure de l’accès Internet à partir de la troisième récidive. La loi ne reçoit pas un bon accueil pour l’essentiel de la communauté web qui lance par ci par la des groupes d’opposition alors que les députés européens tentent de faire de l’accès à Internet un droit fondamental. La loi satisfait les plus gros acteurs de l’industrie du cinéma et de la musique pour garantir un système qui, comme souvent, refuse d’évoluer.
Le site Agora Vox nous rappelle le communiqué d’UFC-Que choisir dont nous avons déjà parlé dans des billets précédents qui avait entamé la démarche de fournir aux élus français les études indépendantes effectuées sur la thématique du téléchargement, ses conséquences et l’analyse des modèles économiques actuels. Le résultat étant sans surprise : le lobbying et le poids de ces acteurs en perte de vitesse altèrent la vision du débat qui repose depuis le départ sur des déclarations fausses, faisant sourde oreille aux études indépendantes.
Nous l’avons déjà largement compris en lisant les différents débats du net : l’adresse IP ne peut pas constituer une valeur judiciaire fiable. La loi votée est bancale et, même si l’on peut discuter éternellement du fondement de l’engagement (le problème est-il considéré dans le bon ordre?), il s’agit bien d’un projet de loi qui risque de faire plus de mal que de bien dans son état actuel.
Nous sommes à nouveau dans un modèle de sanction. Plutôt que de penser la réorganisation d’un système qui est déjà en mutation, le gouvernement s’obstine à punir. Nous avons largement cité à travers ce blog les exemples de licences ou de distributions qui proposent une révolution du marché, laissant complètement en marge les majors pour qui la révolution marketing n’est vraiment pas pour aujourd’hui (ni même programmée pour demain).
Cette loi risque d’avoir entre autres pour conséquence de développer un monde culturel à deux vitesses, le premier écrasant l’autre sur la question de la promotion et de son alliance intrinsèque avec les grands médias, un second qui confirmera une distribution, encore en mutation mais en cours de stabilisation. L’élément le plus certain revient aux spectacles vivants, qui seront certainement le grand retour de la musique des années à venir, point important pour les millions d’intermittents qui font leurs heures en montant des événements comme techniciens.
Une progression est en route vers un nouveau modèle où le public joue un rôle déterminant et ne gobera plus les mêmes daubes qu’on lui servira. Le public, de plus en plus exposé à la musique et la vidéo mais aussi à des modèles économiques différents et tout aussi puissant va forcément devenir de plus en plus exigeant et demander à la fois un niveau de qualité de plus en plus élevé et des marges de moins en moins forte.
Et oui mes amis : dans tous les cas, l’ère du cd à 19€ est terminé…






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