Je dois reconnaitre que le la a toujours été un de mes accords préféré. Il a ce coté puissant et efficace, direct. Mais il a aussi une part mystique, chaleureuse et intimiste.

Julien Baer nous propose un album que j’ai le plaisir de vous présenter. Je ne parle pas beaucoup de musique française et j’avoue ne pas en écouter. Nous avons ici affaire à un album au retranchement de ce genre, entre la froideur de l’électro et la chaleur de la contre basse.

Cet album propose une expérience de proximité : un murmure au creux de vos oreilles… apaisant et intimiste, Julien Baer propose de prendre l’auditeur dans ses bras pour une aventure jusqu’au surréalisme.

L’album se divise en deux thématiques : une thématique ancrée dans le réel d’un 2009 déraisonné, en crise, dont les problématiques, massives et pesantes, pèsent sur le monde : L’immobilier, Prends-Le Haut, Prends le Court.
La seconde thématique est plus “atemporelle” à mis chemin entre l’expression de sentiments qui ont marqué Julien Baer et un apaisement. Car loin d’être anxiogène, l’orchestration sonore propose réellement de nous enfermer dans une bulle, couper du monde, du temps, des temps.

Quand j’écoute cet album j’ai l’image d’un joaillier, qui enfile perle par perle, sur son établi mal éclairé, la pièce plongé dans le noir… Il cherche quelle perle va suivre la précédente avec son regard expérimenté. Il ne s’agit pas la de faire du compliqué mais bien du simple mais beau entre le sucré et l’acidulé.

L’album se suffit pourtant à lui même pour les auditeurs en quêtes de belles mélodies teintées de calme et de douceur.

Il s’agit du 4ème album de Julien Baer. Il faut avouer qu’on ressent la subtilité et la précision de l’artiste, dont la première aventure date déjà d’il y a plus de 12 ans. L’album est réalisé par Jean Lamoot (Allain Bashung, Salif Keita, Noir désir…) et produit par Universal. Disponible depuis le 16 février, si vous aimez la chanson française, les projets débordant de pépites, n’hésitez pas à vous procurer cet opus.