Ça fait un moment en parle. Amazon, un des principaux acteurs de la vente en ligne dans le monde devrait ouvrir, en France, à la fin du mois de février, début mars les portes d’une nouvelle offre : Amazon MP3.

Déjà bien ancré dans le marché américain et anglais comme principal concurrent d’iTunes, on est en droit de se demander se qu’Amazon MP3 apporte de plus et comment compte-t-il gravir les parts de marché.

Amazon n’avait plus qu’a négocier avec les sociétés de droit d’auteurs européens (la SACEM et ses acolytes européens) et avec Universal. D’après une déclaration officielle de la SACEM cet accord est enfin déterminé et “délivre l’autorisation d’utiliser les droits en ligne détenus et/ou contrôlés par UMPG (Universal Music Publishing Group) ainsi que ceux portant sur les œuvres du répertoire de la SACEM pour l’utilisation du service Amazon MP3″ .

Amazon Europe a également trouvé un accord avec les 3M (EMI, Warner et Sony, les trois majors de l’industrie du disque).  Amazon devrait donc, sous peu, proposer un catalogue de millions de de morceaux sans DRM.

En effet, il y a quelques temps nous apprenions qu’iTunes retirait les DRM (voir l’article pour plus d’explications sur ces DRM) sur l’intégralité de son catalogue se qui avait pour effet direct de baisser le prix unitaire des morceaux. On apprenait par la même occasion qu’un prix fixe pour chaque morceau ne sera plus tenu : les prix oscilleront entre 1.29€ pour un titre récent à succès et 0.69€ / 0.99€ / titre.

Comment Amazon défit il la concurrence ?
Le principal argument d’Amazon MP3 sera son prix maximum unitaire fixe à 0.99€ le MP3 (dans l’attente de confirmation mais il s’agit déjà de sa politique aux USA).

L’étau se ressert
La France est un pays à forte croissance en terme de vente de musique numérique (+49% en 2008) mais reste un “mauvais élève”, loin derrière les USA, le Japon, l’Angleterre et l’Allemagne.
iTunes avait retiré sa DRM pour conserver sa compétitivité et relancer un marché encore nouveau et instable. Dans très peu de temps le gouvernement va voter la décision de sanctions contre le téléchargement illégale (coupant l’accès à Internet aux fraudeurs après 3 e mails d’avertissement : mais comment vont ils différencier un téléchargement légal à un non légal, même si le client est la mule… bref encore une restriction de liberté par un contrôle accrus) : événement qui risque d’influencer le marché de la vente de musique numérique (et donc à nouveau aider les plus gros acteurs du marché et, comme dans les années 80 avec les supers et hyper marchés : le gouvernement tourne le dos aux petits disquaires qui étaient déja franchement mal au profit de grands groupes).
Nous avons vu il y a peu que de nombreux artistes et labels s’orientent vers les licences libre (voir article précédent à ce sujet). La conséquence ne risque-t-elle pas de voir un marché du disque scindé en deux entre un marché payant (mais au coût finalement bien inférieur à son ancêtre le cd), et un marché parallèle gratuit dont le modèle d’autofinancement, malgré un tâtonnement, commence à se trouver…

Le piratage ne disparaitra tout de même pas complètement. Les pirates ont toujours trouvé des systèmes, en tirant profit de la technologie, pour éviter les codes du marketing financier. Mais on peut imaginer que les conséquences seront importantes (avec le débordement des tribunaux, assigner en justice chaque téléchargeur me parait grotesque).

Et la création dans tout ça ? Car contrairement à se qu’oublie les internautes pirates, il y a du boulot derrière… et c’est bien CE boulot qu’il faut préserver : dans sa qualité, dans sa pérennité et dans son modèle économique (pour assurer sa légitimité).

Affaire à suivre…